Amalgame ridicule sur l’apport douanier du roi de la volaille : Dédouaner ses marchandises n’est pas de la philanthropie

Depuis quelques jours une communication insidieuse via plusieurs médias se fait au sujet de l’apport du roi de la volaille aux recettes de la douane béninoise. Ainsi, à travers cette communication, le roi de la volaille est présenté comme le premier contributeur du Bénin aux recettes fiscales de l’Etat. Mais à y regarder de près cette communication constitue un ridicule amalgame savamment orchestré par les usines de l’intoxication proches du roi de la volaille et dont l’objectif est d’embrouiller l’opinion publique nationale et internationale afin de voiler les véritables prédations fiscales qui lui sont reprochées.

Hormis les zones de « libre échange », au sein desquelles les taxes douanières ne sont pas applicables à l’ensemble des pays signataires du protocole fondant cette zone de « libre échange », le commerce international impose à tout importateur ou exportateur de marchandises de dédouaner lesdites marchandises aux cordons douaniers. Les frais de dédouanement (taxes douanières) qui répondent à des barèmes précis suivant la quantité et la nature des marchandises sont payables par le commerçant à l’administration douanière. C’est le paiement de ces frais de dédouanement qui donne le quitus à l’importateur ou à l’exportateur de récupérer ses marchandises pour son propres compte (importation) ou pour le compte de ses clients (exportation).
En d’autres termes, si l’importateur ou l’exportateur ne paie pas ces taxes douanières, il n’a pas l’autorisation de récupérer ses marchandises fusse-t-il le roi de la volaille.
C’est dire que le fait pour le roi de la volaille de payer ses taxes douanières ne constitue pas un acte de philanthropie mais plutôt une obligation commerciale pour l’écoulement de ses produits vers les marchés qu’il inonde desdits produits.
L’ensemble de ces taxes payées par le commerçant aux cordons douaniers constituent les recettes douanières. S’il est vrai que pour un pays pauvre sans ressources du sous-sol (pétrole, gaz, or, uranium..) comme le Bénin, ces recettes douanières constituent une part importante du budget national, ces recettes douanières sont à différencier des recettes fiscales collectées par l’administration des Impôts.
En effet, les taxes fiscales dont la patente, l’impôt sur les revenus… sont payées suivant une périodicité fixe (trimestriel, annuel..) par tout commerçant qu’il soit importateur, exportateur ou non. C’est dire que ces taxes fiscales dont l’ensemble constitue les recettes fiscales de l’Etat n’ont rien à voir avec les taxes douanières payées uniquement aux cordons douaniers.
C’est dire que face aux fraudes fiscales reprochées par l’administration des impôts au roi de la volaille, faire croire à l’opinion publique nationale et internationale que ce dernier est le premier contributeur du Bénin aux recettes fiscales du pays est un dangereux amalgame. Car, l’objectif visé est de faire croire que le roi de la volaille est une victime. L’administration des Impôts n’est pas l’administration douanière. Ce sont deux entités différentes même si elles relèvent toutes deux du même ministère de l’Economie et des Finances.
Ajavon n’est pas un vertueux
A la vérité, le roi de la volaille à subi un redressement fiscal de plusieurs milliards qu’il se doit de payer car l’administration des impôts du Bénin lui reproche d’avoir opéré sur plusieurs années des fraudes fiscales pour des marchandises supposées en direction du Nigeria voisin. Et la confrontation des pièces fournies par le roi de la volaille à l’administration des impôts n’a fait que confirmer ces fraudes. Aujourd’hui, alors que les faits sont là têtus, tenter d’embrouiller les cartes par une communication dangereuse constitue une véritable fuite en avant pour le roi de la volaille. Le Bénin a besoin de l’apport de tous ses fils pour sa construction. Mais tenter de passer au travers des normes établies pour se faire de l’argent sur le dos du peuple constitue une pratique malsaine surtout pour des personnalités aspirantes aux plus hautes fonctions de l’Etat. Et ça, le roi de la volaille devrait le savoir.
Thierry Sallon

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